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Interview avec Berenice Celeita et Marcos Ramírez Vargas

04/04/2017

 

Berenice est la présidente de l’Association pour la recherche et l’action sociale, Nomadesc, en Colombie et Marcos est l’un des dirigeants de la Comunidad Primavera del Ixcan du Guatemala. Invités par PBI, ils étaient en tournée de plaidoyer en Europe et à Paris du 15 au 18 mars 2017 pour parler de la situation des Droits humains et des Accords de paix dans leurs pays respectifs. 

Dans cette interview, Berenice Celeita et Marcos Ramirez Vargas répondent aux questions de Cyrielle Maison, bénévole de PBI France.

 

Bonjour Berenice et Marcos. Pouvez-vous me parler de vous et de votre travail ?

Berenice : Je suis défenseure des Droits humains en Colombie depuis trente ans. J’appartiens à l’association Nomadesc qui est située à Cali et qui travaille avec des autochtones, des paysans et des afrodescendants. Notre travail est concentré sur six axes, les deux principaux sont ceux liés à l’éducation et à la recherche. Notre projet le plus important actuellement est celui de l’Université interculturelle des peuples, nous cherchons à reconstruire les tissus sociaux entre les différentes communautés qui ont souffert de la violence.

Marcos : Je suis originaire d’un village de Huehuetenango. A cause de la pauvreté, ma famille et moi sommes partis en Ixcán. Nous avons vécu là-bas pendant six ans jusqu’à ce que commence la répression de l’armée, les massacres, tortures et disparitions. Mes parents, mes frères et 19 membres de ma famille ont été tués durant le massacre de Cuarto Pueblo. Pendant que certains sont partis au Mexique et d’autres dans diverses régions du pays, j’ai décidé de rester. En mars-avril 1982 nous sommes partis nous réfugier dans les montagnes. Et c’est à partir du mois de décembre de la même année que nous avons constitué formellement les groupes de populations en résistance.

 

Comment est-ce que PBI vous accompagne dans vos activités en tant que défenseurs des Droits humains ?

B. : Nous travaillons dans quatre régions du sud du pays où nous nous rendons régulièrement. Durant nos voyages, nous avons compté avec la présence de PBI. Ainsi, par exemple, si nous accompagnons des communautés lors de mobilisations, comme dans le cas de Buenaventura, les Brigades accompagnent Nomadesc et nous, nous accompagnons les communautés. Cela forme une sorte de chaîne d’accompagnement qui permet la protection des personnes. Nous ne pourrions pas le faire si nous n’avions pas d’accompagnement de la part de PBI. En effet, Nomadesc est une des rares organisations en Colombie à ne pas avoir accepté une protection de la part de l’État. Nous sommes persuadés que l’État est celui qui est la source des menaces et des actions de persécutions contre les défenseur-e-s des Droits humains. Nous pensons que celui qui menace ne peut pas protéger..!

M. : C’est en 1985 qu’une délégation est partie en Europe pour parler des Communautés de Populations en Résistance et de la situation au Guatemala. Nous avons compté sur la présence de comités de solidarités et d’ONG qui nous accompagnèrent sur le terrain ou nous aidèrent depuis l’étranger [Les PBI étaient présentes au Guatemala à partir de 1983]. Un peu plus tard, lorsque j’ai participé aux négociations et aux mobilisations, nous avons pu bénéficier d’un accompagnement de PBI. Enfin, après la signature des Accords de paix le 29 décembre 1996, on m’a nommé pour représenter la population déracinée dans une commission qui avait pour but de vérifier la bonne mise en place de ces Accords pour les populations qui ont été forcées de quitter leurs terres.

 

Comment est-ce que PBI vous permet de mieux être entendus à l’international ? 

B. : L’accompagnement physique de PBI sur le terrain est d’une grande importance lorsqu’il y a des acteurs armés dans les territoires. Quand l’armée sait qu’il y a des personnes appartenant à la communauté internationale, ils agissent d’une manière différente. PBI fait un travail remarquable de dissuasion avec les institutions de l’État, l’armée, la police et même avec la denfensoría del pueblo qui devrait veiller au respect des Droits humains mais qui souvent ne remplit pas sa fonction. Dans des cas difficiles tels que des enquêtes sur des crimes, des exhumations ou des cas de dépossessions, être accompagné par PBI permet de montrer ce qui se passe. Ce que les médias de communication en Colombie ne diffusent pas…

 

Quelles sont les leçons que la Colombie peut apprendre des Accords de paix signés en 1996 au Guatemala ?

M. : Nous nous sommes rendu compte que le gouvernement a signé les Accords de paix, non pas d’une vraie volonté, mais plutôt parce qu’ils voulaient nous aveugler. Le vrai plan était de permettre l’investissement des compagnies étrangères dans le pays. Ce n’est pas seulement le cas au Guatemala mais dans tous les pays riches en ressources naturelles.

B. : On dit qu’il y a beaucoup de différences entre les deux cas, mais je trouve qu’il y a plus de similitudes que de différences. Notamment dans les processus d’organisation et de pédagogie.

M. : Pendant l’interview avec une journaliste de RFI ce matin, nous parlions de Jean Arnault. Il était présent au Guatemala durant la négociation entre la guérilla, les ONG, l’armée et le gouvernement. Et s’il est aussi dans le processus en Colombie, il y a un risque qu’il fasse un simple copier-coller. Les colombiens devront faire attention aux contenus des Accords. Il y a sans doute des faiblesses mais il faut se concentrer sur les bons côtés. Au Guatemala, il y a eu un plébiscite en mai 1999 pour savoir si le peuple était d’accord pour faire des changements dans la constitution politique. Les gens ont voté non. Qu’est-ce que nous avons fait après ça ? On a commencé à travailler avec des députés, finalement des réformes et des lois ont été adoptées. Nous avons permis qu’il y ait des changements… petit à petit.

 

 

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Le Parlement Européen (PE) se mobilise en faveur des défenseurs des Droits humains au Guatemala

17/02/2017

• En 2016, 223 agressions contre des défenseurs et 14 assassinats ont été recensés, dont la plupart restent impunis.
• Le PE dénonce les campagnes d’intimidation et les menaces à l’encontre des fonctionnaires de l’appareil judiciaire.
• Le PE exhorte les autorités guatémaltèques à remplir leurs devoirs en matière des Droits humains et au parlement guatémaltèque à ratifier la proposition de réforme de la justice.

Bruxelles 16 février, 2016.

Le Parlement Européen a approuvé aujourd’hui, lors de sa séance plénière à Strasbourg, une résolution d’urgence sur la situation des défenseurs des Droits humains au Guatemala. Ainsi, les députés européens expriment leur préoccupation, reconnaissent le travail des défenseurs et encouragent le gouvernement guatémaltèque à agir pour leur protection face aux graves attaques et risques qu’ils affrontent.

En effet, les chiffres sont alarmants. Le PE rappelle le fait qu’entre janvier et novembre 2016, 223 agressions, 14 assassinats et 7 tentatives de meurtre de défenseurs des Droits humains ont été recensées. 2017 a déjà vu l’assassinat de 2 défenseurs au Guatemala. La plupart de ces crimes ont été le coup final d’un long et répétitif cycle de violence. Le PE signale également que les fonctionnaires du système judiciaire qui agissent contre l’impunité, travaillent dans un climat d'hostilité et font l’objet de harcèlement, de criminalisation, de tentatives de coercition, ainsi que de campagnes de dénigrement et intimidation.

C’est pourquoi, la résolution soutient aussi la réforme du secteur judiciaire présentée récemment au parlement guatémaltèque, visant à mettre en place les modifications nécessaires qui consolident l’État de droit dans le pays.

Large soutien au Parlement Européen

D’après Beatriz Becerra, vice-présidente de la Sous-commission des Droits humains et membre du groupe Alliance de Démocrates et Libérales (ALDE), « les défenseurs sont le meilleur actif pour l’accomplissement d’une justice indépendante. Cependant, ils sont calomniés, persécutés et même assassinés. Le gouvernement guatémaltèque se doit de les protéger avec des politiques publiques ambitieuses ».

Hans-Olaf Henkel, membre du groupe des Conservateurs et Réformistes Européens (ECR) a participé il y a un an à une mission d’observation du Parlement Européen. «Depuis ma visite, j’ai suivi de près cette grave situation et, même si j’avais des espoirs avec l’arrivée du nouveau président, aujourd’hui eje suis déçu. La situation des avocats et des défenseurs des Droits humains est extrêmement préoccupante».

Pour Marina Albiol, du groupe GUE/NGL, «exprimer notre inquiétude n’est pas suffisant », car « la responsabilité de l’Union Européenne est claire. Il y a un lien entre la présence de sociétés transnationales et les attaques aux défenseurs des Droits qui s’opposent et se mobilisent contre les projets hydroélectriques, comme c’est le cas de POJOM II ou RENACE, des projets miniers comme FeNIX ou celui de la compagnie française PERENCO».

Finalement, Ernest Urtasun, membre du groupe des Verts/Alliance Libre Européenne est de l’avis que «ce n’est pas admissible que des représentants de pouvoir judiciaire, même le Directeur de la Commission Internationale contre l’Impunité au Guatemala (CICIG), Iván Velázquez, fassent l’objet d’attaques sans que l’État prenne des mesures efficaces. Dans la proposition de réforme de la justice constitutionnelle, élaborée avec la contribution de plusieurs secteurs du pays et actuellement en discussion au parlement local, nous voyons une lumière d’espoir, mais il faut qu’elle soit adoptée dans son ensemble».

Réactions de la société civile

Des organisations internationales et réseaux de la société civile qui réunissent plus de 500 organisations, saluent cette initiative parlementaire et partagent les demandes et préoccupations y exprimées.

La société civile remarque notamment l’invitation que les députées font à l’UE pour

qu’elle joue un rôle proactif dans la promotion de la sécurité des défenseurs des Droits humains, en adoptant des mesures et des mécanismes de protection efficaces dans le cadre du dialogue politique, de la coopération et des relations commerciales avec le Guatemala.

Les organisations espèrent que cette résolution portera un message clair aux autorités guatémaltèques pour qu’elles agissent et protègent les défenseurs, notamment les femmes, les paysans, les syndicalistes, les personnes discriminées en raison de leur orientation sexuelle et les peuples autochtones, qui travaillent pour une société démocratique, la défense de la terre, pour l’environnement, les Droits DESC, en faveur de la justice et contre l’impunité.

Plus d’information :

Miguel Martín Zumalacárregui

Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT), dans le cadre de l’Observatoire pour

la Protection des Défenseurs des Droits de l’Homme, membre du CIFCA
mmz@omct.org - +32 2 218 3719

Kerstin Reemtsma

Proyecto Guatemala de Brigades Internationales de Paix

repeuropea@pbi-guatemala.org - 32 470 595295

 

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Guatemala : Etat des lieux, vingt ans après les Accords de paix

17/02/2017

Le 29 décembre 1996, le gouvernement guatémaltèque et la guérilla de la Unidad Revolucionaria Nacional Guatemalteca (Unité révolutionnaire nationale guatémaltèque) signaient un "Accord de paix ferme et durable" mettant ainsi fin à l'un des conflits internes les plus longs et les plus violents du continent américain. Une sanglante guerre civile a en effet sévi pendant 36 ans au Guatemala et a engendré divers actes génocidaires contre les peuples autochtones. Deux décennies plus tard et face aux nombreuses contradictions entre les Accords de paix et la réalité, l’anniversaire de la signature appelle à dresser un bilan.

Acteurs de la société civile, d’ennemis à partenaires ?

A l’occasion de ce vingtième anniversaire des Accords de paix, PBI Guatemala a organisé un forum public le 5 octobre 2016 avec le soutien de la Fondation Rosa Luxembourg. Au cours de celui-ci, la parole a été donnée à plusieurs défenseur-e-s des droits humains (DDH) que PBI accompagne – Rosalina Tuyuc, Andrea Ixchíu, Marcos Ramirez et Yuri Melini – pour qu’ils et elles s’expriment sur leur situation actuelle.

Lors de l’événement, plusieurs questions ont été abordées, notamment les progrès réalisés ces dernières années ou encore les défis passés, présents et futurs. A la suite de l’événement, une publication recueillant la mémoire des activistes guatémaltèques a vu le jour. Objectif des 44 pages : examiner la manière dont l’Etat perçoit aujourd’hui les acteurs de la société civile, le rôle de cette dernière et des DDH dans ces Accords de paix, ainsi que les politiques publiques et les cadres juridiques créés pour fournir des espaces (ou non) à l'exercice de la citoyenneté au Guatemala. Avec cette publication, PBI Guatemala souhaite contribuer à la discussion sur l'équilibre entre Accords de paix et réalité guatémaltèque.

Et vingt ans plus tard ?

Si de nouvelles politiques générales conformes aux principes d’une société démocratique et de la sécurité humaine ont été élaborées, des formulations alarmantes subsistent notamment dans la Politique de sécurité nationale (2012). Au travers de celle-ci, les autorités prétendent promouvoir la sécurité en encourageant des projets d’investissements privés. Dans la même veine, la Doctrine de l’armée a inclus la sécurité intérieure dans ses fonctions. C’est ainsi que les nouvelles formulations ouvrent la porte à des interprétations contradictoires par rapport aux engagements contenus dans les Accords de paix.

Toutefois, la publication de PBI Guatemala identifie des mesures positives à l’instar de la création de plusieurs institutions, ainsi que des mécanismes pour évaluer et surveiller la situation des droits humains et protéger les civils et les acteurs de la lutte contre l’impunité. Malgré cela, ces avancées sont aujourd’hui menacées et, dans tous les cas, sont davantage imputables à l’engagement constant des acteurs de la société civile qu’à un profond changement d’attitude de la part du gouvernement.

C’est en effet dans la mise en œuvre des Accords que l’on peut identifier de nombreuses lacunes et contradictions. Des actions négatives prévalent sur une mise en œuvre active et consciente de la réforme de la sécurité démocratique. De plus, un discours public diffamatoire et des attaques contre les acteurs de la société civile témoignent de l’accumulation de pouvoir de certains secteurs de la société guatémaltèque qui souhaiteraient maintenir les structures économiques et sociales d’exclusion, la marginalisation et l’inégalité par des politiques répressives et une sécurité antidémocratique. Il y a, dès lors, un énorme fossé entre les compromis et les obligations de l’Etat découlant des Accords de paix et la réalité actuelle.

Recommandations

Afin d’éviter la répétition de violentes réponses de l’Etat aux conflits sociaux assorties de graves violations des droits humains, les mesures contenues dans le chapitre des Garanties de non-répétition, principalement des réformes de l’appareil sécuritaire, ne suffisent pas. Il serait également nécessaire de mettre en place l’ensemble des éléments d’une politique de traitement du passé (vérité, justice, réparations et garanties de non-répétition), de même que des changements structurels agissant sur les causes profondes du conflit.

Vingt ans après leur signature, il demeure extrêmement urgent de mettre en œuvre de manière intégrale tous les compromis des Accords de paix qui impliqueront des changements dans les systèmes économique et social.

>> Consulter le document (en espagnol)

 

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Guatemala : Meurtre brutal de l'activiste transgenre Evelyn Robles

25/01/2017

Le 18 novembre 2016, Evelyn Robles a été retrouvée sans vie dans son appartement. Son corps montrait des signes de violence. Evelyn Robles était une activiste transgenre. C’est après avoir été témoin, en janvier 2006, de l'exécution extrajudiciaire d’une autre militante transsexuelle, Paulina Marrot, que PBI décidait d’accompagner Evelyn Robles et cela jusqu’en 2009. Lors de ce précédent assassinat, resté impuni jusqu'à aujourd'hui, les auteurs présumés étaient des agents de la Police nationale. Evelyn Robles avait également été blessée à ce moment là.

PBI est très attristé par les actes violents ayant conduit à la mort d’Evelyn Robles et exige la justice et une enquête approfondie. Cet assassinat montre une fois de plus la vulnérabilité, mais aussi les grands risques auxquels les personnes LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, intersexués) sont exposées au Guatemala. PBI demande également au gouvernement guatémaltèque de garantir l'intégrité de ces personnes.

Lisez l'intégralité du communiqué de PBI Guatemala (en espagnol)

Article publié par PBI Suisse


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Petén - le département oublié du Guatemala

13/09/2016

A la mi-juin, Corsin et Marco, deux volontaires suisses, étaient 10 jours dans le département du Petén, situé tout au nord du Guatemala. Ils y ont, entre autres, visité deux communautés qui ont été déplacées de force il y a des années et doivent, depuis, lutter pour leur survie. Ils racontent leur visite dans ce département oublié du Guatemala.

Visite de deux villages déplacés

Outre la rencontre avec les organisations sociales et autorités locales, nous avons donc visité deux villages expulsés il y a quelques années des zones de protection de la nature.

Centro 1

Le 16 juin 2009, les forces de sécurité ont évacué de force ce village rural hors du Parc national Sierra del Lacandón, alors qu’ils y étaient établis depuis les années 80. L’expulsion a été menée en complète violation des protocoles édictés par l’ONU sur le sujet. Les 600 unités militaires et policières ont laissé aux familles 30 minutes pour empaqueter toutes leurs affaires avant de les amener par camions dans la capitale régionale et de les y abandonner à leur sort sans nourriture ni logement. Jusqu’à aujourd’hui - soit 7 ans après leur expulsion forcée - les villageois n’ont rien obtenu de l’état : ni habitation, ni territoire. Beaucoup de familles mènent une lutte quotidienne pour leur survie. L’expulsion de 2009, la bureaucratie de l’Etat et - selon les villageois - l’absence de volonté des institutions gouvernementales ont ainsi généré une extrême pauvreté et une situation humanitaire précaire. A la fin de l’an dernier, l’un des villageois est même décédé des suites de sa sous-alimentation chronique.

Triunfo de la Esperanza

C’est en 2011 que les autorités ont ordonné l’évacuation de cet autre village, à la suite de quoi, comme pour Centro 1, les forces de sécurité ont incendié les maisons et récoltes et saisi le bétail. Les habitants se sont ensuite réfugiés pendant 18 mois au Mexique, juste à la frontière avec le Guatemala. Cela a déclenché un conflit entre les deux pays, poussant les autorités guatémaltèques à promettre, sous la pression internationale, aux villageois de reconstruire leurs maisons en dehors de la zone de protection de la nature. Quatre ans plus tard et malgré les promesses, le village n’est toujours pas alimenté en eau et seules 13 des 67 maisons promises ont été construites. Depuis plus d’une année, le projet est suspendu par manque de moyens financiers des autorités. L’école a été construite uniquement grâce à un projet universitaire et avec l’aide des villageois. Mais pour l’instant, il n’y a que trois salles disponibles pour les 4 classes, forçant certains élèves à avoir cours dans le couloir.

Toutefois, avec l’élection du nouveau gouverneur de la région, il y a eu quelques maigres progrès. Quelques semaines après sa prise de fonction, il a reconnu la délégation villageoise, ce que son prédécesseur avait toujours refusé pendant ses 4 ans de présidence pour des raisons de différends personnels avec les habitants.

Entre frustration et espoir

Ces 10 jours au Petén ont été remplis d’émotions diverses. Nous avons été déçus que plusieurs institutions étatiques ne voient aucun intérêt à améliorer la situation en matière de droits humains dans la région, bien qu’elles soient parfaitement au courant des violations commises. Mais nous sommes tout de même rentrés remplis d’espoir et de joie de voir tant de personnes qui s’engagent pour leurs droits de manière pacifique depuis de nombreuses années et qui vont continuer à le faire parce qu’elles sont convaincues de pouvoir changer les choses. PBI est l’une des rares organisations à réaliser des visites régulières au Petén et permet de garantir que l’espace d’action politique reste ouvert pour ces personnes. En ce qui concerne les droits humains, le Petén est et restera encore un département oublié.

Vous pouvez lire le récit complet sur le blog de nos volontaires sur le terrainSi vous voulez en savoir plus sur la situation actuelle au Petén, vous trouverez plus d’informations dans le dernier bulletin de PBI Guatemala sur le sujet (en espagnol) : La defensa del territorio y los derechos humanos en Petén

 

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Victoire des communautés de La Puya contre le projet minier

06/04/2016

Le 29 juin 2016, la Cour supérieure de justice guatémaltèque a exigé que les travaux de construction de la mine d’or et d’argent de La Puya soient définitivement interrompus. Les juges ont en effet unanimement estimé que l’octroi du permis d’extraction constituait une violation des droits de la population locale.

Avec cette décision, le Ministère des mines et de l’énergie s’est engagé à retirer définitivement des mains de l’entreprise Exploraciones Mineras de Guatemala le permis d’extraction pour la mine d’El Tambor. S’il s’avérait que le Ministère n’appliquait pas cette décision, il se verrait infliger une amende.

En février 2016, un jugement de suspension temporaire des activités avait été émis par cette même cour à l’encontre de l’entreprise. Toutefois, le Ministère s’était opposé au jugement et l’entreprise avait continué ses activités d’extraction.

Les communautés paysannes de La Puya sont engagés depuis 4 ans dans la lutte contre cette mine. Ils ont cherché à faire annuler le permis d’extraction car lorsque celui-ci a été octroyé en 2011, aucune consultation populaire n’avait été effectuée. La Cour supérieure de justice a donc soutenu, par son jugement, les demandes de la population.

Source (en espagnol) : Prensa Libre, 29.6.2016: CSJ suspende en definitiva mina en La Puya

 

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Informer et former les communautés autochtones sur leurs droits : le travail de la Central Campesina Ch’ortí Nuevo Día (CCCND)

08/09/2015

Depuis 2009, PBI accompagne la CCCND dans ses activités d'information et de formation auprès du peuple Maya Ch'orti dans plusieurs municipalités du département de Chiquimula, à l'est du Guatemala. En juin dernier, le défenseur guatémaltèque Jacob Omar Jerónimo était en tournée à Paris pour sensibiliser ses interlocuteurs, parmi lesquels des responsables politiques, des journalistes et des membres du secteur associatif, aux activités de la CCCND en matière de défense des droits humains et attirer l'attention sur les risques auxquels ses membres sont confrontés.

Depuis plus de 15 ans, Jacob Omar s’investit dans la Central Campesina Ch’ortí Nuevo Día dont le rôle est de former et d'informer les membres des communautés Maya Ch'orti des municipalités de Jocotán, Chiquimula, Camotán, Olopa et San Juan Ermita sur leurs droits et devoirs en tant que citoyen et membre d'une communauté autochtone. À cet égard, des espaces de dialogue et des ateliers de formation sont régulièrement organisés sur des sujets liés aux droits humains, à l'environnement, à la cosmovision Ch'orti, à la participation des femmes, ou encore aux opportunités pour les jeunes au sein des communautés.

Dans ce contexte, la CCCND a entamé, depuis une dizaine d'années, un processus de reconstruction de l'identité du peuple Maya Ch'orti. Cette initiative de recomposition identitaire et territoriale a pour ambition d'aider les membres des communautés à s'identifier collectivement en tant que peuple Maya Ch'orti, à renforcer leurs structures d'autorité traditionnelles et leur organisation communautaire, et à préserver leur mode de vie en lien étroit avec le territoire et en équilibre avec la nature. L'objectif est à la fois de préserver l’intégrité et le bien-être des communautés autochtones, mais également leur territoire et son environnement.

« À mesure que l’on prend conscience de son identité, de sa relation avec l’espace dans lequel on vit, on pense davantage à l’améliorer plutôt qu’à le quitter ».

Ce faisant, la CCCND joue un rôle significatif dans la redécouverte de la cosmovision du peuple Maya Ch’orti fondée sur l’équilibre avec la vie. Plus qu’une simple idée, « l’équilibre avec la vie » constitue un modèle, une proposition ; celle de préserver la vie dans le temps. Cette cosmovision apparaît, en ce sens, comme une alternative au paradigme du développement lié à l’accumulation de richesses et à l’exploitation abusive des ressources naturelles.

« Nous avons déjà pu constater les conséquences désastreuses liées au changement climatique, et nous pensons que conserver la vie dans le temps est une meilleure option que le développement. Ce sont les communautés qui nous le disent. Notre rôle à nous est de diffuser le message des communautés partout où nous allons, que ce soit dans les villes, ou auprès des autorités, du gouvernement, de la communauté internationale,…  Nous expliquons à tous leur manière de voir le monde. C’est une vision très simple mais profonde, qui montre notre volonté de préserver la vie, une vie de qualité, et de conserver cet équilibre entre l’être humain et la nature. »

Ce travail de défense de la cosmovision et des droits des peuples autochtones prend tout son sens dans un contexte d’accaparement des ressources naturelles et de construction de mégaprojets sur les territoires autochtones, bien souvent en l’absence de leur consentement, qui représente une grave menace pour les communautés. Le manque d’information des populations locales sur ces initiatives de développement constitue la raison d'être du CCCND. Son rôle est, en effet, de mettre à disposition des communautés toute l'information disponible sur ces projets, et notamment leurs impacts tant sur l’environnement que sur les communautés, afin que ces dernières puissent prendre une décision de manière éclairée.

« Notre rôle n'est pas d'empêcher les entreprises de mener à bien leur projet, mais d'informer les communautés. C'est à elles que reviennent la décision de participer ou non au projet. Il s'agit d'une décision communautaire que nous nous devons de respecter. Pourquoi faisons-nous ce travail ? Parce que l'État ne le fait pas. Les organisations comme la notre n'existerait pas si l'État mettait à disposition l'information, de manière transparente ».

Accusés de vouloir s’opposer au développement du pays et de manipuler les communautés en ce sens, les membres de la CCCND militent, en réalité, pour le respect des droits collectifs des peuples autochtones, et notamment l’application du principe de participation libre, préalable et informée des communautés autochtones dans les processus politiques et de développement, reconnu dans la Convention 169 de l'OIT, ratifiée par le Guatemala.

En raison de leur engagement en faveur du bien-vivre des communautés, les membres de la CCCND font régulièrement l'objet de dénigrements, d'intimidations, de harcèlements mais aussi de menaces de mort. Malgré cela, les demandes de protection, adressées aux autorités, sont toujours restées sans réponse. Les membres du CCCND dénoncent, par ailleurs, l'usage de la peur à l'encontre des communautés comme moyen de pression et de dissuasion. Cette stratégie, utilisée de manière désastreuse pendant la guerre civile au Guatemala, se caractérise par un sentiment collectif de menace permanente à l'encontre des communautés. Les nombreuses mises en garde que reçoivent les membres de la CCCND ne les ont, cependant, pas dissuadé dans leur mission.

Dans ce contexte d'insécurité, la CCCND a sollicité l'aide de PBI en 2009. Depuis, les volontaires sur place fournissent un accompagnement protecteur aux équipes de la CCCND pour qu'elles puissent continuer à travailler en sécurité. La présence internationale agit, en effet, comme un facteur dissuasif contre toute forme de violence. Jacob Omar résume ainsi : « Le travail de PBI sauve des vies ».

 

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Du 17 au 20 juin, PBI France recevra le défenseur guatémaltèque Omar Jerónimo.

09/06/2015

Omar Jerónimo est membre de la Coordinadora Central Campesina Ch’ortí Nuevo Dia (CCCCND), une organisation accompagnée par PBI depuis 2009. Le CCCCND a pour mission la formation et l'information sur des problématiques liées à l’économie rurale, l’environnement, les droits humains et la défense du territoire, auprès des communautés rurales de plusieurs municipalités du département de Chiquimula (Jocotán, Chiquimula, Camotán, Olopa et San Juan Ermita), à l’est du Guatemala. Depuis quelques années, l’organisation se mobilise autour de la question des droits fonciers des petits paysans et dénonce les effets sur l'environnement et les économies locales des projets de développement prévus pour la région, notamment la construction de centrales hydroélectriques. L’organisation apporte également un appui aux revendications identitaires de la communauté Maya Ch’orti’ ainsi que dans la reconnaissance d’un statut légal des communautés autochtones. En raison de ces activités, plusieurs de ses membres ont fait l’objet de menaces et d’intimidations, y compris des menaces de mort. Depuis six ans, PBI assure un accompagnement protecteur aux membres du CCCCND, notamment dans leurs activités de plaidoyer auprès des autorités nationales et des acteurs de la communauté internationale.

Les membres de PBI France seront ainsi présents aux côtés d'Omar Jerónimo pendant sa visite à Paris. L’objectif de cette tournée est de sensibiliser l’opinion et les pouvoirs publics à la responsabilité sociale des entreprises dans le domaine des droits humains, aux droits économiques, sociaux et culturels des communautés autochtones, ainsi qu’à la criminalisation des défenseurs des droits humains au Guatemala. Plusieurs rencontres sont prévues avec des responsables de la Mission du Mexique, d’Amérique centrale et des Caraïbes du Ministère des Affaires étrangères, des membres du Barreau de Paris Solidarité ainsi que nos partenaires associatifs de l'intercollectif Guatemala. Omar Jerónimo s’entretiendra également avec des journalistes de RFI, de France Culture et de Divergence 2.

Il interviendra, par ailleurs, à l’occasion de la journée d’initiation, organisée le samedi 20 juin au Centre Internationale de Culture Populaire (CICP), de 10h à 18h au 21 rue Voltaire, 75011 Paris. Nous invitons tous ceux qui souhaitent le rencontrer et qui sont intéressés par la non-violence, la prise de décision au consensus, l’accompagnement international et la protection des droits de l’Homme à venir participer à cette journée. 

 

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L’impossible procès d’Efraín Ríos Montt : un pas de plus vers l’impunité

07/05/2015

L’énième report du procès de l'ancien dictateur guatémaltèque José Efraín Ríos Montt, qui devait s'ouvrir lundi 5 janvier 2015, représente une menace pour le droit des victimes à la justice.


Y aura-t-il une finalité aux procédures judiciaires engagées contre l’ancien dictateur, dont on ne compte plus les rebondissements ? Depuis le début, la défense a multiplié les actes dilatoires dans le seul but de repousser systématiquement le procès, et d'éviter ainsi la condamnation du général Ríos Montt, âgé aujourd'hui de 88 ans. C’est donc sans surprise qu’à l’ouverture de la séance, lundi 5 janvier, les avocats de la défense ont à nouveau misé sur cette stratégie, en demandant la récusation de la juge Irma Jeannette Valdés Rodas pour avoir déjà donné son opinion en 2004 dans son mémoire de maîtrise. Rejeté par la magistrate, qui estime que « ce droit de récusation est hors temps et n'a comme finalité que d'affecter le début du procès, dont la date et ma nomination à la présider sont connues depuis le 30 octobre 2013 », le recours a, cependant, été accepté par les deux autres juges du tribunal, Sara Yoc et María Eugenia Castellanos, ce qui a eu pour effet de renvoyer le procès à une date ultérieure, encore inconnue à ce jour. L’histoire semble se répéter. En mai 2013, la Cour constitutionnelle avait déjà annulé la condamnation de l’ancien dictateur à 80 ans de prison pour génocide et crime contre l’humanité, pour des raisons de procédure, et avait renvoyé le procès au 5 janvier 2015. La décision prise par les juges, en janvier dernier, de suspendre l'audience, plonge à nouveau le Guatemala dans l'attente que la justice soit enfin rendue aux victimes des crimes commis sous la dictature de Ríos Montt.

Le général José Efraín Ríos Montt est, en effet, poursuivi par la justice pour le massacre de 1 771 Mayas de l’ethnie Ixil, dans le département du Quiché, au nord de Guatemala Ciudad, et le déplacement de 29 000 personnes, survenus au cours des 17 mois qu'il a passé à la tête du pays. Arrivé au pouvoir en mars 1982, après un coup d'État, Ríos Montt établit un gouvernement de facto et déclare rapidement l'état de siège pour mener une violente répression contre l'opposition civile, de gauche, avant d'être à son tour renversé, en août 1983. La politique de terre brûlée menée contre les populations autochtones du pays, soupçonnées de soutenir la guérilla, est à l'origine de nombreuses violations des droits de l'Homme, parmi lesquelles des pratiques génocidaires et des actes de torture. Le gouvernement militaire de Ríos Montt est considéré comme le plus meurtrier de la guerre civile guatémaltèque, qui a fait 200 000 morts et disparus entre 1960 et 1996, selon les Nations Unies. En 1999, la Commission pour l'éclaircissement historique a ainsi établit qu'une grande majorité des crimes commis au cours du conflit armé l'ont été sous la dictature de Ríos Montt.

La perte de l'immunité parlementaire de l'ancien dictateur, le 14 janvier 2012, et sa condamnation, le 10 mai 2013, avaient constitué un précédent historique qui avait suscité un grand espoir, au Guatemala comme dans les pays de la région, dont beaucoup sont d’anciennes dictatures. Les procédures engagées contre Ríos Montt ont eu pour mérite d'avoir mis fin au silence absolu concernant ces massacres et au désengagement de l'État en matière d'investigation et de justice. Aujourd'hui, cependant, cet espoir que la justice soit rendue pour les graves violations des droits de l'Homme commises sous la dictature de Ríos Montt s’effrite au gré des entraves au procès. Le risque d'impunité est d'autant plus inquiétant que l'amnistie, demandée en 2012 par les avocats de la défense en vertu d'un décret d'autoamnistie de 1986, reste toujours une éventualité. Au cœur de cette bataille juridique se trouve, néanmoins, la question fondamentale de la confiance de la population dans le système judiciaire guatémaltèque. En effet, l'enjeu de ce procès va bien au-delà de la reconnaissance de la culpabilité de l'ancien dictateur. Il s'agit également de mettre fin à un usage abusif des recours et des obstacles structurels qui entravent le bon fonctionnement du système judiciaire.

Dans ce contexte mouvementé de reprise et report du procès, PBI est préoccupé par la sécurité des organisations locales de défense des droits de l’Homme, et rappelle l'importance de l'accompagnement international. Depuis 2010, PBI accompagne le Cabinet Juridique pour les Droits de l’Homme au Guatemala (BJDHG), qui assiste légalement le Centre pour l’Action Légale en Droits de l’Homme (CALDH) et l’Association pour la Justice et la Réconciliation (AJR), toutes deux parties plaignantes au procès. PBI appelle la communauté internationale à rester vigilante à toute tentative ou acte d’agression, d’intimidation ou de représailles qui pourraient être commis à leur encontre et à veiller au bon déroulement du procès.

Anaïs Lallemant

 

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Le projet de PBI au Guatemala recrute de nouveaux volontaires!

22/04/2015

 

Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 18 mai 2015. Une semaine de formation aura lieu en août pour les candidats pré-sélectionnés. La maîtrise de la langue espagnole est nécessaire.

Lire la fiche de poste sur le site internet. 

 

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Reprise du procès contre Rios Montt

05/01/2015

En mai 2013, Ríos Montt, ancien dictateur du Guatemala, avait été reconnu coupable de génocide et crimes contre l’humanité. Toutefois, la condamnation fut annulée quelques jours plus tard pour vice de procédure. Début 2015, le procès a entamé une nouvelle phase. En effet, le 5 janvier dernier, le procès à l’encontre de Ríos Montt et d’un ancien chef de service secret, José Mauricio Rodríguez Sánchez, a été reconduit devant la Cour d’appel.

Système judiciaire faible et inefficace

Pour les victimes et les plaignants, qui attendent depuis des années que justice soit faite, la reprise de ce procès devrait être synonyme d’espoir. Pourtant, de sérieux doutes concernant la crédibilité du bon fonctionnement du système judiciaire guatémaltèque persistent en eux. Plusieurs faits démontrent la fragilité de ce système. En effet, en 2014, la juge, Yassmin Barrios, qui avait prononcé le verdict dans l’affaire Rios Montt, a été suspendue de ses fonctions. Par ailleurs, la procureure générale, Claudia Paz y Paz, a été contrainte de se retirer prématurément. De plus, le choix concernant la nomination du juge de la Cour d’appel et de la Cour supérieure de justice a été fortement critiqué par plusieurs instances internationales – notamment le Rapporteur spécial des Nations unies sur l'indépendance des juges et des avocats - et par plus de 60 juges guatémaltèques en raison d'irrégularités.

Appel à la communauté internationale

L’augmentation du nombre d’attaques commises en 2014 à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme, en comparaison avec l’année précédente, ainsi que la diminution de la marge de manœuvre des organisations locales inquiètent. PBI accompagne depuis 2010 l’étude d’avocats pour les droits humains au Guatemala, BJDHG, qui elle-même soutient le centre de droits humains, CALDH, et l’association pour la justice et la réconciliation, AJR. Dans ce contexte de reprise de procédure judiciaire, PBI reste préoccupée par la sécurité de ces différentes organisations. Elle encourage la communauté internationale à rester attentive et à tout mettre en œuvre pour empêcher toute attaque ou tentative d’intimidation à l’encontre des plaignants.

Lettre de PBI Guatemala à propos de la reprise du procès de Ríos Montt en espagnol / en anglais

 

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Violences à Camotan et San Juan Sacatepéquez

15/09/2014

ors d'une grève nationale, des membres de la Coordination paysanne centrale Chortí Nuevo Día (CCCND), basée à Camotán dans le département de Chiquimula et accompagnée par PBI, ont participé les 17 et 18 septembre dernier à une manifestation pacifique. Le matin du 18 septembre, PBI a été témoin du dispersement de cette manifestation par la violence. 200 policiers  sont rentrés dans la foule à l'aide d'armes à feu, de gaz lacrymogènes, de pierres et de bâtons. De nombreuses personnes ont été blessées et la police a arrêté cinq membres de l’organisation CCCND pour dérangement de l’ordre public. Faute de preuves, ces derniers ont été libérés après trois jours de détention.

Plusieurs morts et État de siège à San Juan Sacatepéquez

Entre le 19 et le 20 septembre dernier, des habitants du hameau de Los Pajoques, dans la municipalité San Juan Sacatepéquez, ont été victimes d’agressions extrêmement graves. Encore aujourd’hui, il est difficile de savoir si 8 ou 11 personnes ont été tuées. Selon les villageois, des travailleurs de la cimenterie seraient impliqués dans les attaques violentes.

Les collectivités et les organisations nationales des droits de l'homme ont critiqué le manque de policiers lors des dépositions des témoins et pour maintenir l’ordre après les heurts. Le 22 septembre dernier, le gouvernement local a décrété 15 jours d’État de siège (Estado de prevención) et a stationné 2.000 soldats dans les 12 villages de San Juan Sacatepéquez. 26 mandats d'arrêt contre des membres des communautés ont été prononcés – en plus des 10 déjà existants - et les forces de l’ordre ont conduit plusieurs perquisitions.

PBI est préoccupée par l'augmentation massive des menaces et agressions contre les organisations sociales et contre les défenseur-se-s des droits de l'homme et invite la communauté internationale à se prononcer en faveur de leur protection.

Lire l'alerte de PBI Guatemala (espagnol)

 

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PBI Guatemala recrute des volontaires!

01/09/2014

PBI recrute de nouveaux volontaires pour son projet au Guatemala! 
Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 20 octobre 2014. Une semaine de formation aura lieu en février 2015, pour les candidats pré-sélectionnés, pour un départ sur le terrain prévu au deuxième semestre 2015. 

Lire les informations sur le processus de sélection et de formation

Renvoyer les documents suivants à formacion(at)pbi-guatemala.org : 
Formulaire de candidature
Deux références 

Plus d'informations sur le projet Guatemala

 

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Entretien avec le défenseur des droits de l'Homme guatémaltèque Isabel Turuy Patzan

30/07/2014

À l’occasion du forum annuel de l’Instrument européen sur la démocratie et les droits de l’Homme organisé par l’Union européenne, le défenseur guatémaltèque Isabel Turuy Patzan était en tournée en Europe. Du 15 au 18 mai, il s’est rendu à Paris, à la rencontre du secteur associatif, de responsables politiques mais aussi de journalistes. Lors de sa visite, PBI a également eu l’opportunité de s’entretenir avec lui au sujet du processus de criminalisation de la protestation sociale de douze communautés mayas contre le projet d’implantation d’une usine de ciment à San Juan Sacatepéquez (Guatemala). 

Isabel Turuy Patzan est maire communautaire et originaire de la communauté El Pilar II, qui se trouve dans la municipalité de San Juan Sacatepéquez, située à une trentaine de kilomètres de la capitale Guatemala. Agé de 32 ans, il est devenu, depuis 2009, le porte-parole des douze communautés de San Juan Sacatepéquez, qui comptent près de 60 000 habitants en majorité mayas kaqchikeles dont 80% vivent de l’agriculture. Isabel est lui même floriculteur, spécialisé dans la production de roses. Lorsqu’on lui demande les raisons pour lesquelles il s’est engagé, Isabel rappelle qu’il s’agit d’une lutte communautaire avant tout.

« Je suis une personne qui n’a pas le niveau universitaire pour faire face à ce problème. A peine ai-je réussi la sixième année du primaire. Mais lorsque j'ai été élu maire communautaire en 2009, je me suis entièrement consacré à ce travail, car il y a une vision collective. Quand je vois les injustices, je pense à toute la génération à venir ... Quel avenir vont avoir nos enfants? Tout cela m'intéresse, et je continue à le défendre. Peu importe les conséquences. Je me suis habitué à la diffamation. Les membres de la communauté sont très solidaires. Un leader sans peuple ce n'est pas du leadership, et le combat d’une communauté sans chef est inutile. (…) Notre lutte est une lutte communautaire. Nous ne sommes pas une ONG, nous sommes organisés en communauté. Nous ne recevons pas de salaires, ce qui compte c’est le soutien et la solidarité des gens. »

Douze communautés mayas en lutte depuis 8 ans

Depuis 2006, ces communautés se sont organisées pour résister contre le mégaprojet de construction d’une usine de ciment par l’entreprise Cementos Progreso (cempro). Autorisée par le ministère des Mines et de l’énergie, sans consultation préalable des communautés, cette initiative, dite de « développement », prévoit l’ouverture d’une carrière pour l’exploitation de 36 minéraux ainsi que la construction d’une usine de ciment et d’une route, sur un territoire de 19 km2 se trouvant sur les terres ancestrales des douze communautés.

« Avant 2006, nous vivions en paix, en harmonie. La tranquillité régnait dans les communautés. Il n’y avait pas d’organisation communautaire comme maintenant. Tout a commencé en août 2006, quand nos droits ont été violés. Des gens extérieurs aux communautés sont venus sur nos terres et ont commencé à couper les clôtures et les arbres dans trois des douze communautés : Los Pajoques, El Pilar et Santa Fe Ocaña. Ces dernières ont alors décidé d’organiser une commission pour savoir ce qu’il se passait. (…) Nous avons alors découvert que l’objectif était de réaliser un relevé topographique pour la construction d’une route qui mènerait à la finca San Graviel où serait construite une cimenterie. La communauté Los Pajoques ont alors pris contact avec les membres de la communauté d’El Pilar puis d’autres communautés, et c’est ainsi qu’est née l’organisation communautaire et qu’ont commencé les premières démarches auprès des autorités. Lors de la troisième table ronde, les communautés ont découvert que le maire, qui avait nié l’existence du projet dans un premier temps, avait déjà signé un accord avec l’entreprise Cementos Progresos. De même, les communautés découvrirent qu’une voiture était passée dans les communautés pour « offrir » des arbres en échange d’un formulaire consignant leurs coordonnées. En réalité, ces données ont été utilisées dans le cadre d’une fausse consultation de la population. La consultation demandée par les communautés, prévue le 15 avril, avait été reporté au 13 mai, avant d’être suspendue, sous le prétexte que cela nécessitait un million de quetzales. (…) Les communautés ont alors décidé de réaliser leur propre consultation sans l’aide de la municipalité. Le maire a alors menacé tout ceux qui participerait de les punir par la loi. Nous avions conscience qu’il s’agissait d’un acte d’intimidation et nous avons quand même réalisé la consultation. Sur les 8 950 personnes ayant participé, 8 946 ont voté contre le projet de construction de la cimenterie. Ce fut un rejet total du projet. À l'époque, nous pensions que c'était la solution du problème. Mais la réponse de l'entreprise, du maire, du gouvernement, et du ministère (des mines et de l’énergie) ne s’est pas fait attendre. Les actes de persécution ont alors commencé : les plaintes, les menaces, les appels anonymes, les mandats d’arrêt, … »

Malgré la reconnaissance par la Cour constitutionnelle en 2010 du non respect du principe de la consultation préalable, les travaux de construction ont déjà été initiés et les premiers impacts environnementaux et sanitaires redoutés par les communautés se sont dès lors faits ressentir. Le projet est, en effet, dénoncé par les communautés non seulement pour ces irrégularités procédurales mais aussi pour ces effets néfastes sur la santé et l’environnement. Au-delà de la poussière et du bruit provoqués quotidiennement par les machines, ce sont les effets à plus long terme qui inquiètent le plus les communautés. Celles-ci ont, en effet, découvert que l’entreprise nécessitera près de 900 000 litres d'eau toutes les huit heures. Les machines fonctionnant en permanence, ils craignent que cela n’endommage de manière irréversible les ressources aquifères de la région. Ces mêmes ressources sont indispensables pour l’agriculture, principale activité et source de revenu pour les habitants de la région. Les premières revendications des communautés ont alors émergé devant la nécessité d’obtenir du gouvernement des garanties d’accès à l’eau, à l’agriculture, à la santé, mais aussi une garantie de travail.

« L’étude d’impact environnemental, menée par l’entreprise, précise que celle-ci aura besoin de 2 500 travailleurs lors de la phase de construction, puis seulement 250 pour la suite. Il n’y a donc aucune garantie de travail pour nous. Comme il n'y a pas non plus de garantie pour l'agriculture, qui est notre moyen de survie, c’est un sujet de préoccupation pour nous. Toujours selon l'analyse, les 250 emplois prévus seront pour une main-d'œuvre qualifiée, ce que nous ne sommes pas. Nous n’avons pas d’architectes, d’électriciens ou d’ingénieurs au sein de nos communautés. En ce moment, la cimenterie est en cours de construction et c’est une société allemande qui a été sous-traitée pour cela. Nous regrettons que seul 5% des membres de la communauté soit employé par l'entreprise. Ces derniers ne participent pas à la construction de la cimenterie. Ils surveillent les machines, travaillent de nuit ... La société profite de la faible qualification des communautés, de leur ignorance. C’est inquiétant. »

Les communautés se battent, par ailleurs, pour le respect des pratiques religieuses. Installée sur trois lieux sacrés mayas (el cerro Machun, el calvario, et el pozo vivo), l’entreprise en a privatisé les accès, empêchant les membres des communautés de pouvoir s’y rendre.

« Depuis des décennies, nos ancêtres ont grandi sur ces terres, ils apportaient leurs offrandes et organisaient des cérémonies mayas. L’entreprise a désormais privatisé le libre accès aux lieux saints, nous ne pouvons plus aller et venir librement. Nous avons demandé au ministère de la Culture et des sports de déclarer ces sites comme appartenant au patrimoine culturel immatériel, mais sans résultat. L’entreprise nous a dit qu’elle nous laisserait passer si nous payons un droit d’entrée. En plus de cela, elle nous oblige à parcourir 4 km de plus pour faire le tour et accéder à nos lieux saints. »

La criminalisation de la protestation des communautés

Devant l’inaction de l’Etat à défendre leurs droits, les communautés se sont structurées en organisation communautaire dans le but de résoudre le conflit par la voie de la discussion. Lorsque l’entreprise a abandonné la table des négociations, c’est à travers des marches et autres actes pacifiques qu’elles ont poursuivi leur résistance. Cependant, la réponse des autorités s’est résumée à criminaliser cette protestation sociale, dans le but d’intimider et de dissuader les membres des communautés.

« Les menaces ont pris des formes différentes ; certains d’entre nous ont été agressés physiquement par la police, l'armée mais aussi par les promoteurs de la cimenterie. Nous avons déposé des plaintes, mais en vain. Nous avons également reçu de nombreuses menaces par des textos et des appels provenant de numéros anonymes. On ne se sent pas libre de se promener dans la rue. Par exemple, pour aller au centre ville de San Juan, je ne me sens pas bien, je me fais contrôler, on me suit, on me prend en photos... Ils harcèlent les gens pour que ces derniers quittent leur maison (…). Pour ma part, j’ai entre trois et quatre plaintes contre moi, en raison de mon activité en tant que défenseur des droits de l'Homme. Je ne sais pas ce qui m’est reproché parce que nous n’avons pas accès aux dossiers. C’est ainsi pour toutes les plaintes. Nous n'avons pas accès aux dossiers. Il y a une extrême partialité du ministère public en faveur de la cimenterie. Récemment, j'étais à un événement à Guatemala, des personnes m’ont pris en photos et les ont fait circuler sur les réseaux sociaux en disant que j'étais un terroriste. Ce type de diffamation implique également PBI, et de nombreuses autres ONG. »

Depuis le début de la crise, 86 membres de ces communautés ont fait l’objet de plaintes pénales. En juin 2008, l’état d’exception a été déclaré dans la région pendant une quinzaine de jours et de nombreux abus de la part des militaires ont alors été observés : violences à l’égard des femmes, arrestation d’une quarantaine de membres, …

« Le 22 juin 2008, l'État a déclaré un état d'exception dans la région. Ils ont militarisé la zone, pillé nos voisins, forcé les gens à nourrir l'armée et la police. La situation était difficile. L’état d'exception a duré 15 jours, au cours desquels 43 de nos camarades ont été capturés. Ils ont passé 40 jours en prison, avant d’être libérés car il n’y avait pas de preuves contre eux. (…) Le 14 décembre, la police et l'armée sont revenues alors que nous étions réunis pour une assemblée communautaire qui avait pour but de récolter de l'argent pour payer la caution d’un membre de la communauté qui avait été emprisonné. Ils ont dit que nous commettions un délit en bloquant la route et ont commencé à nous menacer, à soulever les chemisiers des femmes pour voir si elles avaient des armes,... Nous nous sommes défendus. Ils ont alors lancés des gaz lacrymogènes et arrêtés 17 d’entre nous. Ces derniers ont passé Noël en prison. »

Aujourd’hui, cinq membres sont toujours en prison, en attente d’une condamnation souvent disproportionnée. L’un d’entre eux a récemment été condamné à 150 ans de prison. Parallèlement, les autorités mènent une véritable campagne de diffamation à leur encontre, dans le but de décrédibiliser la légitimité de leur combat.

« On nous accuse de pratiquer des actes de terrorisme, de dynamiter des ponts, de produire des bombes, ... nous sommes également accusés de coercition, d’association illicite, de tentative d’assassinat, dans le but de criminaliser notre lutte, qui pourtant reste pacifique ».

En novembre de l'année dernière, un membre des communautés s’est rendu à Washington pour déposer une plainte contre la criminalisation de la protestation sociale devant la Commission interaméricaine des droits de l’Homme. « Nous espérons une réponse favorable », nous avoue Isabel.

Le rôle de la communauté internationale

Dans ce contexte d’insécurité physique mais également juridique, PBI réalise un travail d’accompagnement depuis 2009.

« Lorsque la lutte a commencé, nous n'avions pas de contact avec les organisations de soutien et d’accompagnement. En 2009, nous avons appris qu'il y avait un bureau de PBI au Guatemala, qui réalise des missions d'accompagnement auprès des défenseurs des droits de l'Homme. Nous avons alors demandé le soutien des brigades de la paix, que nous avons reçu jusqu’à présent. Cet accompagnement a renforcé la lutte des communautés. Parce qu’en voyant la présence de la communauté internationale à nos côtés, les gens comprennent que nous ne sommes pas seuls, que la communauté internationale sait que nos droits sont violés, et comment se comportent la justice et le gouvernement avec nous... Cela nous a beaucoup servi. »

Après avoir épuisé tous les recours légaux possibles au Guatemala, c’est désormais auprès de la communauté internationale que les douze communautés ont porté leurs espoirs. C’est pour cette raison, celle de sensibiliser la communauté internationale sur un conflit récurrent au Guatemala, qu’Isabel a décidé de participer au forum européen et de mener une tournée en Europe.

« L'objectif de cette tournée et de ma présence au forum européen auquel j'ai été invité est de démentir toute la campagne de dénigrement faite à notre encontre, afin que les gens connaissent la vérité au sujet de notre lutte. Nous souhaiterions que la communauté internationale fasse une déclaration publique, et qu’elle participe aux audiences qui se déroulent devant les tribunaux, pour constater comment celles-ci sont suspendues. Nous espérons également une solidarité à l’égard des défenseurs, à San Juan Sacatepéquez comme dans le reste du Guatemala, puisque notre lutte est similaire à celle de bon nombre de communautés, comme Santa Cruz Varias Huehuetenango, La Puya, Santa Maria Xalapan, San Miguel Istahuacan, ou encore Poloxic. Notre lutte en est une parmi d’autres. Au Guatemala, tout est concédé, que ce soit les mines, l'énergie, l'hydroélectricité, la monoculture ... »

Anaïs Lallemant

 

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Les deux volontaires de PBI sont autorisés à rester dans le pays

10/07/2014

PBI est très heureuse et soulagée que les autorités guatémaltèques aient décidé de révoquer l’annulation du permis de séjour de deux de nos volontaires dans le pays.

Après une réunion entre le Ministre de l'Intérieur guatémaltèque, M. Mauricio López Bonilla et des représentants de plusieurs ambassades européennes jeudi dernier, PBI a été informée qu’il y avait eu un malentendu fâcheux sur l'identité des deux volontaires.

Les membres du corps diplomatique ont également informé PBI que les permis de séjours des deux volontaires seraient maintenus et l’ordonnance d’expulsion abrogée. Le même jour, le Ministre Bonilla a appelé personnellement l'équipe de PBI afin de fournir des explications formelles sur l'incident et pour exprimer son respect pour leur travail d’accompagnement des défenseurs des droits de l'homme dans le pays. Il nous a donc été confirmé que les autorités guatémaltèques n’ont aucuns soupçons contre PBI et ses volontaires.

Communiqué du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'Homme

Dans un communiqué de presse du 10 juillet, le bureau du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme (HCDH) au Guatemala s’est exprimé de la manière suivante: « Le HCDH apprécie que, dans ce contexte, les Ministères de l’Intérieur et des Affaires Etrangères aient réitéré leur reconnaissance vis-à-vis de l’important travail pour la protection et la promotion des droits de l’homme que des individus, des groupes, et des organisations guatémaltèques et internationales réalisent dans le pays, ainsi qu’à leur contribution pour le renforcement de la démocratie et de l’Etat de droit.»

Succès de la pression nationale et internationale

PBI est convaincue que le soutien et la solidarité exprimés par de nombreuses organisations sociales et des droits de l’homme guatémaltèques et internationales, des représentants des ambassades et du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme, des journalistes, des personnes politiques et de la société civile et de particuliers ont contribué de manière décisive à ce succès pour PBI et tous les défenseurs des droits de l’homme au Guatemala.

Un grand merci pour votre soutien !

PBI tient à remercier très sincèrement toutes celles et ceux qui ont contribué à ce dénouement heureux. Nous nous engageons, à présent, en coopération avec les autres organisations d’accompagnement d’international au Guatemala et dans la région, à poursuivre nos efforts pour protéger la liberté d'action ainsi que l’espace de travail des défenseurs des droits de l'homme dans le pays.

Lire le texte original en espagnol

Lire l'avis du Haut Commissariat aux Droits de l'Homme au Guatemala en espagnol

 

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URGENT: Annulation de la résidence temporaire de deux volontaires de PBI Guatemala

02/07/2014

Les Brigades de Paix Internationales (PBI) Guatemala souhaitent attirer votre attention et partager leur profonde préoccupation en raison de l’annulation du statut de résidence temporaire de deux des volontaires de PBI au Guatemala. Il s’agit d’une mesure prise par la Sous-direction des affaires étrangères de la Direction générale de la migration (DGM) du ministère de l’Intérieur, par le biais de deux résolutions du 1er juillet 2014, sans que les raisons ou les faits motivant cette décision ne soient mentionnés. La situation qui en résulte affecte les deux volontaires et leur statut migratoire, mais également l’ensemble du travail d’accompagnement et d’observation internationale pour la défense des droits de l’Homme que PBI réalise au Guatemala depuis plus de 30 ans.

Le 1er juillet 2014, les deux membres de l’équipe de PBI, de nationalité chilienne et espagnole, se sont présentés devant l’institution susmentionnée, qui les avait convoqués par notification écrite du 25 juin (reçue le 26) dans le but affiché de leur fournir « des informations en rapport avec leur résidence temporaire ». Lors de cette rencontre, en présence de la représentante légale de PBI et d’un avocat, les deux volontaires ont été informés que leur résidence temporaire venait d’être annulée et qu’ils disposaient d’un délai de 10 jours pour quitter le pays. Toutefois, les résolutions reçues par écrit manquent de preuves concrètes justifiant la décision prise.

PBI dispose d’un statut juridique au Guatemala depuis 1951 (1), et est dûment enregistré et accrédité par les autorités guatémaltèques compétentes ; l’organisation dispose d’une représentation juridique et de la capacité d’agir sur le territoire dans le cadre de son mandat et de sa mission. Chaque volontaire de PBI initie le processus de demande de résidence temporaire à son arrivée dans le pays, conformément à la loi migratoire. A tout moment, PBI et ses volontaires au Guatemala agissent dans un cadre entièrement légal. Les autorités nationales sont régulièrement informées de nos activités et de notre travail dans le pays comme à l’étranger.

Le et la volontaire de PBI visés par les résolutions ont maintenu une présence internationale à La Puya le 23 mai dernier, et ont observé l’expulsion violente du campement de la Résistance Pacifique de La Puya, sur laquelle PBI exprimait déjà sa préoccupation en juin (2). Les représentants de la DGM présents à La Puya au moment de l’expulsion ont quitté les lieux sans aborder directement les personnes concernées, après avoir vérifié que leur situation migratoire était bien en ordre par le biais du contrôle de leurs documents d’identité par des agents de police.

Dans les semaines suivantes, plusieurs médias de communication guatémaltèques se sont exprimés de manière diffamatoire à l’égard des « étrangers » et des organisations internationales. Nous craignons que la décision de retirer leur résidence temporaire à ces deux membres de PBI puisse avoir un lien avec les fausses informations diffusées dans les médias sur le rôle de l’observation internationale pendant cette expulsion.

Dans le contexte actuel, caractérisé par la fermeture des espaces de travail pour les défenseurs et défenseures des droits de l’Homme, nous craignons également que les résolutions mentionnées compromettent la continuité de l’accompagnement et de l’observation internationale pour protéger les espaces non-violents de résolution des conflits et la défense et promotion des droits humains au Guatemala. Le travail effectué par PBI dans le pays répond toujours à la demande des acteurs et organisations sociales qui ont le droit de défendre ces droits, et de solliciter l’accompagnement et l’observation internationale lorsque cela est nécessaire pour faire face aux menaces et agressions.

Retrouvez la lettre ouverte de PBI en anglais et en espagnol

 

1 Concédé le 10 mars 1995 par l’Accord ministériel 148-95 du ministère de l’Intérieur.

2  PBI, “Les résistants pacifiques de La Puya expulsés”

 

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Les résistants pacifiques de La Puya expulsés

01/06/2014

Des habitants des communautés de San José del Golfo et San Pedro Ayampuc, situées à 40 kilomètres de la capitale, occupaient pacifiquement, depuis mars 2012, l’entrée de la mine d’or El Tambor et en bloquaient ainsi l’accès. Le 23 mai 2014, les manifestants ont été violemment expulsés par les forces de la Police civile nationale (PNC).

Cette éviction a eu lieu trois jours avant une réunion de haut niveau qui devait rassembler des intégrants des communautés et des représentants d’institutions publiques. Selon les dires des communautaires, cette réunion a été annulée car les représentants de l’Etat ont refusé qu’une organisation tierce observatrice puisse assister à la réunion.

Gaz lacrymogène et coups de bâtons

Dans la matinée du 23 mai, des machines d’exploitation minière ont commencé à arriver progressivement sur les lieux, accompagnées par 35 véhicules policiers et 500 agents armés. L’expulsion brutale à eu lieu de 14h à 15h30.

PBI, qui était sur place, a observé un usage disproportionné de la force par la police: gaz lacrymogènes, coups de bâton, jets de pierre contre les hommes et les femmes qui étaient sur place et chantaient en signe de protestation. Selon l’Unité de protection des défenseurs et défenseuses des droits humains au Guatemala (UDEFEGUA), 23 personnes ont été blessées dont une grièvement.

Tentative d’assassinat et procès à la pelle

PBI a accompagné le mouvement pacifique dès ses débuts en 2012. Depuis, plusieurs intégrants de la Puya ont été intimidés. Une des leaders du groupe, Yoland Oquelí, a été victime d’une tentative d’assassinat en juin 2012. Jusqu’à ce jour, aucun de ces faits n’a été clarifié.

Comme plusieurs autres communautés en résistance au Guatemala, le mouvement de la Puya rappelle l’État a ses responsabilités. La Communauté affirme ne pas avoir été, à aucun moment, ni informée ni consultée sur le projet d’extraction. L’Etude d’impact du projet de mine demandé au gouvernement a révélé, selon des experts internationaux, des lacunes graves. Notamment des conséquences graves probables des activités minières sur les réserves d’eau souterraines de la région. C’est dans ce contexte que les communautés de la Puya ont décidé d’entrer en résistance pacifique et de bloquer le début des opérations d’extraction.

Criminalisation de la résistance

Huit membres de la résistance font actuellement face à des poursuites pénales basées sur des allégations de coercition, détention de personnes et menaces. Trois d’entre eux/elles ont été condamné-e-s, en avril 2014, à 9 ans de prison. Plusieurs organisations ont sérieusement questionné la régularité de ces procédures et le principe d’indépendance de la justice. Les cinq autres personnes ont eu une première audience le 27 mai 2014. La procédure contre Yolanda Oquelí, qui fait partie de ces cinq personnes, a été rejetée pour manque de preuves.

Dans les communautés de San José del Golfo et San Pedro Ayampuc, une atmosphère de frustration et de tension vive règne depuis l'expulsion violente du 23 mai. 

Développements préoccupants
PBI est préoccupée par cette expulsion violente et par les procédures judiciaires engagées contre les membres de la résistance pacifique de la Puya. L'organisation internationale considère que la situation des droits humains en général au Guatemala s’est fortement dégradée ces dernières années.

 

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Retour sur la tournée d'Isabel Turuy Patzan à Paris

25/05/2014

Isabel Turuy (centre) en compagnie du Président de PBI France, Martin Willaume, et de sa coordinatrice, Manon Cabaup. 

 

Du 15 au 18 mai, le défenseur guatémaltèque Isabel Turuy Patzan était à Paris. Dès son arrivée, il a animé une réunion inter-associative en présence du Collectif Guatemala, du CCFD, d’Amnesty International, et de l’association France-Amérique latine. Au cours de cette rencontre avec le secteur associatif, Isabel a évoqué les problématiques liées à l’implantation d’une usine de ciment sur les terres de Douze communautés mayas Kaqchikeles à San Juan Sacatepéquez (Guatemala), ainsi que le processus de criminalisation, de la part des autorités guatémaltèques, de la protestation sociale des communautés à l’encontre du projet.

Accompagné par PBI, Isabel a été reçu par le Barreau de Paris et par la Mission du Mexique, d’Amérique centrale et des Caraïbes du Ministère des Affaires étrangères, où il a pu faire part de ces inquiétudes à des responsables politiques français.

Au cours de son séjour, Isabel a, par ailleurs, répondu aux questions de journalistes dont les entretiens paraitront prochainement dans la Chronique des Droits de l’Homme de Véronique Gaymard, sur le Blog du Figaro Regards Latino consacré à l’Amérique latine et animé par le journaliste Patrick Bèle, ainsi que dans la revue libertaire internationale Divergence 2.

Lors de sa tournée, PBI a également eu l’opportunité de s’entretenir avec lui dans ses locaux. Au cours de cet échange, Isabel est revenu sur les raisons de son engagement dans cette lutte ainsi que sur la criminalisation de la protestation sociale dont souffrent les communautés au quotidien et l’importance du rôle joué par PBI et la communauté internationale. Cet entretien paraîtra prochainement!

 

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Mai 2014. Un défenseur guatémaltèque à Paris: Isabel Turuy Patzan, représentant des douze communautés de San Juan Sacatepéquez

05/05/2014

 

Isabel Turuy Patzan a 32 ans, il est originaire de la communauté El Pilar II, municipalité de San Juan Sacatepéquez, située à une trentaine de kilomètres de Guatemala City. Floriculteur, ce père de 4 enfants a été élu maire communautaire d’El Pilar II en 2009.

2009, c’est aussi l’année où Isabel Turuy Patzan a rejoint la lutte des douze communautés de San Juan Sacatepéquez contre le projet de construction d’une usine de ciment sur leurs terres ancestrales par l’entreprise guatémaltèque CEMPRO. Isabel est aujourd’hui porte-parole de ces communautés. Le conflit dure depuis 2006, date à laquelle l’entreprise a décidé, sans consultation préalable des communautés, l’ouverture d’une carrière et la construction d’une usine de ciment et d’une route, sur les terres de San Juan Sacatepéquez.

Depuis lors, les douze communautés, en majorité mayas kaqchikeles, dénoncent l’absence de consultation préalable et de consentement libre et éclairé des populations affectées par le projet, une atteinte à leurs droits économiques, sociaux et culturels, ainsi qu’à leurs droits collectifs en tant que peuple indigène. La construction d’un tel mégaprojet sur les terres des communautés constitue en effet une atteinte à la cosmovision maya, antagonique de la conception du développement entretenue par l’Etat guatémaltèque et les investisseurs nationaux et internationaux. Cet ouvrage, qui occupe 2 000 hectares de terres indigènes, compromet les moyens de subsistance des populations locales qui vivent du travail du bois, de l’agriculture et de la culture des fleurs. Par ailleurs, la criminalisation (capture de leaders, arrestations arbitraires, assassinats sélectifs…) et la violence policière dont ces communautés ont fait –et font encore- l’objet constituent également une violation de leurs droits civils et politiques.

Encore aujourd’hui victimes de menaces et persécutions en raison de leur affirmation des droits de l’Homme, certains membres des douze communautés en résistance sont accompagnés par PBI depuis 2009. Cette présence consiste en un accompagnement protecteur et des activités de plaidoyer avec les autorités nationales et les acteurs de la communauté internationale. PBI s’inquiète tout particulièrement des tendances actuelles de la criminalisation de la protestation sociale au Guatemala, dont sont victimes les douze communautés de San Juan Sacatepéquez : manque d’accès à l’information et aux casiers judiciaires des personnes accusées, détentions arbitraires, prolongation excessive des procès pénaux, laissant les défenseurs accusés dans un flou juridique impactant leur vie privée et professionnelle.   

Isabel Turuy Patzan se rend à Bruxelles à l’invitation de l’Union européenne pour participer au forum annuel de l’Instrument européen sur la démocratie et les droits de l’Homme, qui réunit plusieurs défenseurs du monde entier.

Il sera à Paris du 15 au 18 mai pour chercher un appui politique de la part des responsables français ainsi que du secteur associatif, fondamental pour la poursuite de la lutte des douze communautés de San Juan Sacatepéquez et pour son engagement pour les droits de l’Homme. 

Retrouvez un article (en espagnol) sur la criminalisation de la protestation sociale dans le dernier bulletin de PBI Guatemala. 

Relisez le rapport de PBI Guatemala publié en 2012 (en espagnol), Inversiones economicas y derechos humanos : aprendizajes de un conflicto. El caso de las comunidadesb maya kaqchikeles de San Juan Sacatepéquez.

 

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Le projet Guatemala a 30 ans!

15/04/2014

C'est en 1983 que les trois premiers volontaires des Brigades internationales de paix (PBI, selon leur sigle en anglais) sont arrivés au Guatemala, dans un contexte où de graves violations des droits humains étaient alléguées, et après 20 ans d'une guerre qui en durerait encore 16. L'organisation profitait ainsi d'une conjecture que le Général de l'Armée - et de facto chef d'Etat (1982-1983) - José Efrain Rios Montt qualifiait à l'époque d' "ouverture démocratique". Personne n'imaginait alors que 30 ans après, en 2013, la présence de PBI se maintiendrait dans ce pays, dans un contexte caractérisé par l'enquête et le procès de ces mêmes militaires et hauts responsables de l'Armée, accusés de génocide et crimes contre l'Humanité. 

De fait, la première période de travail de PBI au Guatemala s'est achevée en 1999, avec la fermeture du Projet Centraméricain (CAP). Cette décision a été prise suite à une évaluation basée sur le fait que, suite aux Accords de Paix signés en décembre 1996, "une Paix ferme et durable, basée sur un Etat de Droit et Démocratique, respectueux des droits de l'Homme et de l'intérêt général de l'ensemble de la population" était censée s'installer.

Toutefois, les années qui suivirent, même si certaines avancées concernant les engagements pris ont été constatées, la défense et le respect des droits humains - et particulièrement des droits économiques, sociaux, culturels et environnementaux- continuèrent de constituer une activité de haut risque pour ceux y dédiant leur travail. 

PBI est revenu au Guatemala en 2002, en réponse à l'augmentation des demandes d'accompagnement international de la part des organisations sociales et de leurs membres, qui dénonçaient les menaces et agressions dont ils étaient l'objet en raison de leur travail et activisme en faveur des droits humains. L'année suivante, PBI a rétabli sa présence dans le pays et mis en oeuvre un nouveau projet d'accompagnement international des défenseurs des droits de l'Homme. Ce projet est toujours en cours. 

Découvrez le film (en espagnol uniquement) de PBI Guatemala à l'occasion de son trentième anniversaire, "30 anos acompanando la esperanza"

Revivez trente ans d'accompagnement protecteur et de présence dissuasive aux côtés des défenseurs dans cette exposition photo numérique

 

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Mars 2013 : en réaction à l'assassinat de Carlos Hernández, défenseur des droits de l'Homme accompagné par PBI ces dernières années

10/03/2013


Le 8 mars, nous avons reçu la nouvelle du cruel assassinat de Carlos Hernández, membre du Syndicat National de la Santé, du Front National de Lutte (FNL), de la Coordination des Organisations Populaires, Indigènes, Religieuses, Syndicales et Paysannes de l'Oriente (COPIISCO) et de l'Association Paysanne Camoteca du département de Chiquimula, ville de Camotán. Selon l'information reçue, il a été tué par des tirs venus d'un véhicule croisé lors de son retour du Honduras.

Nous sommes profondément peinés et choqués par cet horrible crime qui a mis fin à la vie d'un défenseur des droits de l'Homme, un activiste engagé pour le bien-être de ses collègues et de sa communauté.

PBI Guatemala a accompagné l'Association Paysanne Camoteca entre 2009 et 2012. Durant cette période, nous avons rencontré et accompagné Carlos Hernández à de nombreuses reprises, étant donné qu'il subissait - comme d'autres membres de l'Association Paysanne Camoteca- tout type d'agressions et de menaces, y compris des accusations judiciaires disproportionnées, en raison de son engagement pour la défense de la vie, de l'environnement, de la santé et des ressources naturelles.

En ce moment de profonde tristesse et de douleur, nous souhaitons exprimer notre solidarité avec sa famille, sa communauté et ses collègues des organisations et plateformes auxquelles il participait.

Nous espérons qu'une enquête sera ouverte rapidement pour éclairer ces évènements tragiques et que les responsables seront jugés, de façon à ce que ce crime ne reste pas impuni, et que l'espoir puisse enfin exister d'en finir un jour avec cette violence qui affecte terriblement le peuple guatémaltèque.

En même temps, nous voulons exprimer notre profonde préoccupation pour la situation d'attaques et de menaces auxquelles font face les organisations sociales et les défenseurs des droits de l'Homme dans cette région, comme d'en d'autres au Guatemala.

Finalement, nous appelons la communauté internationale à prendre les mesures qu'elle considère adéquates pour assurer la protection effective des défenseurs des droits de l'Homme au Guatemala, et tout particulièrement ceux qui, comme Carlos Hernández, ont déjà reçu des menaces en raison de leur engagement en faveur des droits économiques et sociaux.

 

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Mission exploratoire au Honduras

15/05/2011

Le Projet Guatemala a pris en charge une mission exploratoire au Guatemala.

Retrouvez les recommandations de la mission courte au Honduras en espagnol et en anglais, ainsi que le rapport complet de la mission en espagnol et en anglais.

 

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Guatemala : PBI clarifie sa position suite à diverses accusations

15/04/2011

PBI tient à répondre publiquement aux accusations d’un journal national guatémaltèque et de la presse gouvernementale, respectivement publiées le 26 mars et le 1er avril.

Le 16 mars 2011, des membres de la communauté de Quinich dans la vallée de Polochic, accusés d’occupation, ont été violemment expulsés de terres. Expulsions qui se sont traduites par un mort et de nombreux blessés. Lors des faits, deux volontaires PBI accompagnaient des membres de l’Unité de protection des défenseurs des droits humains du Guatemala (UDEFEGUA). Ces volontaires PBI, ainsi que des membres d’autres organisations internationales comme le Haut-commissariat des droits de l’homme (OHCHR) et la Commission présidentielle des droits humains (COPREDEH), ont été témoins des violences.

C'est dans ces circonstances que PBI a été faussement accusé de soutenir les occupations de terres.

PBI aimerait rappeler que les accompagnements effectués au Guatemala respectent les valeurs fondatrices de PBI, à savoir: la non-violence, la non-ingérence et l’impartialité. Le travail de PBI est reconnu et approuvé par les institutions publiques du Guatemala, la communauté internationale et la société civile. De plus, PBI agit conformément à la loi nationale en vigueur. PBI espère que ces diffamations ne discréditeront pas le travail des volontaires de PBI sur le terrain.

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"PBI nous a aidés à poursuivre notre travail, notamment pour instruire des cas impliquant des violations supposées de la part des forces militaires et paramilitaires dans des zones où nous n’aurions pas pu nous rendre par suite des risques encourus."
Dr. Reynaldo Villalba Vargas, Association des juristes José Alvear Restrepo

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