Le contexte
Le Népal a connu pendant 10 ans une guérilla maoïste qui a fait plus de 13 000 morts. En novembre 2006 un accord de paix a été signé entre le CPN (M), communist Party of Nepal (maoïste) et le gouvernement népalais qui prévoyait notamment :
– le cantonnement des armes et des troupes de l'armée populaire (maoïste) sous contrôle de l'ONU,
– la constitution d'un gouvernement intérimaire et d'un Parlement intérimaire
– l'élection d'une assemblée constituante qui devait notamment décider du sort de la monarchie, en place depuis plus de deux siècles. Prévues en juin 2007, puis reportées en novembre de la même année, ces élections ont finalement eu lieu le 10 avril 2008.
Le résultat des élections a surpris tout le monde, au Népal comme parmi les observateurs internationaux : on s'attendait à ce que le CPN(M) arrive en troisième position et il est arrivé largement premier, devant les deux plus importants partis traditionnels, le Parti du Congrès (NP) et le et le parti communiste unifié marxiste-léniniste (CPN-UML). Toutefois il n'a pas la majorité et, jusqu'à présent, les leaders maoïstes accueillent leur victoire de façon responsable et consensuelle. Ils disent vouloir travailler avec les autres partis jusqu'à l'élaboration d'une constitution, promouvoir les investissements industriels, développer le secteur privé et accueillir avec bienveillance les investissements étrangers. Sur le plan international, le nouveau gouvernement (pas encore formé début mai 08) va sans doute poursuivre une politique très conciliante vis-à-vis du grand voisin chinois, comme on le constate dès maintenant à travers la répression des nombreuses manifestations de Tibétains réfugiés au Népal.
Les Droits Humains au Népal
On ne sait encore quelles seront les conséquences pour les droits de l'homme de l'arrivée au pouvoir du CPN(M). Jusqu'à présent la situation était pleine de dangers (dans un rapport publié en mars 2007, l'Observatoire pour la protection des droits de l'homme indique que le Népal est le deuxième pays au monde – après la Colombie – pour les menaces et agressions contre les défenseurs). Cela était dû :
– à une culture de l'impunité, fortement répandue au Népal,
– à l'émergence, parfois violente, de revendications de communautés ethniques longtemps marginalisées (notamment les Madhesis, dans la plaine du Teraï au sud du Népal),
– à l'incapacité des forces de sécurité à assurer partout la sécurité et le respect de la loi,
– à l'existence de certaines factions au sein du mouvement maoïste qui n'auraient pas renoncé à la violence (Young Communist League).